Fuji GW 690 iii

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Les boîtiers moyen format m’ont tendu les bras lorsque j’ai commencé à me trouver à l’étroit dans le format 24×36, et c’est avec des étoiles dans les yeux que j’ai commencé à étudier les annonces de ventes de boîtiers Mamiya ou Hasselblad d’occasion. Mais j’ai rapidement déchanté devant les prix affichés et me suis fait une raison: même à l’époque du pixel roi, les anciennes gloires de la photo argentique restent des valeurs sûres qui continuent à s’échanger à prix d’or. Tant pis pour moi.

Et puis les hasards des mondes virtuels m’ont mis en relation avec la vendeuse de ce Fuji GW 690 iii.
Vendu avec un important stock de films NB, il était trop cher pour moi mais nous avons continué à discuter, la vendeuse et moi, et avons fini par nous mettre d’accord sur un prix acceptable et c’est avec fébrilité que j’ai ouvert le carton à la livraison de ce « Texas Leica ».

De Leica, il a l’architecture et la forme générale du M, mais la comparaison va avoir du mal à aller beaucoup plus loin.
Il est gros. Vraiment gros!
Il est lourd. Pas autant qu’un reflex numérique pro équipé d’un 24-70/2.8 mais lourd quand même.
Il est ultra basique: pas de cellule, pas d’autofocus, juste un objectif, un diaphragme, un obturateur et un viseur.
Il est plutôt bruyant pour un appareil télémétrique et chaque déclenchement s’accompagne d’un « SCHLOOOONG! » qui ne laisse aucun doute sur le fait qu’une photo vient d’être prise.
Il se nourrit de films 120 ou 220 et à chaque fois qu’un de ces films sort de ma cuve de développement, je ne peux m’empêcher de faire « WOUAHHH » devant ces extraordinaires négatifs de 5.6  X 8,2 cm. Oui oui: centimètres! Pour donner une petite idée, il y a la même différence entre un capteur de reflex APS et ces négatifs qu’entre un écran d’Ipad et une télé de 32″! Alors non seulement le grain du film est invisible sur des tirages de taille courante parce que les négatifs sont très peu agrandis, mais l’effet 3D propre aux plus grands formats est bien présent!
L’objectif (un Fujinon 90mm f/3,5 à peu près équivalent à un 40mm en 24×36) est excellent. Presque trop en fait, et son piqué et son contraste sont plus proches de ceux d’un objectif moderne Nanocristal que d’un Summicron des années 60… C’en est même déroutant parce que d’une certaine façon, les photos prises avec cet appareil d’un autre temps pourraient sortir du dernier reflex numérique à la mode.

A la différence près que les photos sont prises sans entrer dans des menus ésotériques, sans boutons de fonctions programmables, sans options à paramétrer, et sans électricité: juste un viseur, une vitesse et un diaphragme. Et c’est là qu’est l’intérêt de ce boitier: les photos qui en sortent sont excellentes, et la prise de vue est reposante.

Ce Fuji GW690 est magique! Mais comme le sont un peu tous les moyens formats argentiques mécaniques.

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